🌧️ « Sous la pluie bretonne » Un poème de Pascal Ar Men – Quand l’eau tombe, le cœur s’ouvre

 


🌫️ Introduction — Une pluie pas comme les autres

En Finistère, la pluie ne tombe pas :
elle arrive.
Elle entre, doucement ou sans prévenir,
par les failles du ciel,
par les plis du vent,
par les souvenirs.

Elle n’est jamais la même.
Fine comme un soupir,
dense comme un voile de chagrin,
elle n’a pas besoin d’éclairs pour marquer les esprits.

Ici, la pluie n’est pas un dérangement.
C’est une présence,
une voix du pays,
celle qui murmure quand tout le reste se tait.


✍️ Poème — Sous la pluie bretonne

Elle vient sans fracas,
glissant sur les toits d’ardoise,
frappant la lande d’un rythme ancien,
comme une mémoire liquide. 💧

Elle tapisse les chemins creux,
s’infiltre dans les mousses,
caresse les pierres
et donne à chaque chose
sa part de mystère. 🌿

Sous la pluie,
les visages se ferment un peu,
les capuches se lèvent,
mais les yeux brillent.

Les vieux la reconnaissent :
« C’est une bonne pluie », disent-ils.
Une pluie qui parle aux racines,
qui fait remonter les voix du sol. 🌾

La mer s’assombrit sans colère,
se laisse frôler par la bruine,
et les falaises se taisent,
comme si elles écoutaient.

Même les arbres,
immobiles dans le vent mouillé,
semblent plier doucement
sous le poids d’un monde plus lent. 🌳

Je marche,
pas à pas,
le visage offert au ciel,
et chaque goutte devient pensée,
chaque ruissellement, souvenir.

Les flaques reflètent un autre monde,
renversé, tremblant, plus doux,
où tout ce qui fut trop lourd
se dissout en silence.

C’est une pluie qui guérit,
qui lave sans effacer,
qui donne à l’instant
le goût précieux de ce qui reste. ⛅

Et moi,
trempé jusqu’à l’âme,
je souris.


🌈 Conclusion — Sous la pluie, tout est plus vrai

Il faut avoir marché sous une pluie bretonne
pour comprendre ce que cela change.
Ce n’est pas qu’une averse.
C’est un baptême.

On en sort un peu plus lent,
un peu plus humble,
et souvent un peu plus libre.

Car sous cette pluie,
rien ne compte vraiment,
sauf d’être là.
Présent.
Vivant.

Pascal Ar Men
Poète des averses douces,
des silences mouillés,
et des âmes qui poussent sous la pluie

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