☀️ « L’été de mon enfance » Un poème de Pascal Ar Men – Enfant du Finistère, éternel vagabond de juillet
🌼 Introduction – Quand l’été durait mille ans
Quand j’étais petit, l’été durait plus longtemps.
Ou peut-être que moi, je savais mieux l’attraper.
Il avait le goût du pain grillé le matin,
des vacances sans montre,
des après-midis à jouer pieds nus dans les chemins creux.
Et quand le soir tombait,
c’était encore un début. Jamais une fin.
J’ai grandi près de Quimper, dans une maison qui sentait la cire et la mer.
Et si aujourd’hui j’écris,
c’est peut-être pour ne jamais laisser mourir l’enfant que j’étais.
✍️ Poème – L’été de mon enfance
Je me souviens des étés
où le temps ne passait pas.
Il restait là,
suspendu dans la lumière,
pendant qu’on construisait des barrages de cailloux dans les ruisseaux. 💧
Les genoux râpés,
les poches pleines de coquillages,
et du sable dans les draps
comme une bénédiction de la mer. 🐚
Les bottes étaient trop grandes,
les cerises trop rouges,
et les cris d’oiseaux au-dessus du champ
sonnaient comme un appel au large. 🍒🕊️
Le matin, on allait chercher le lait à pied,
le seau battant sur la jambe,
et le chat nous suivait comme un garde du corps
désabusé mais fidèle. 🐾
On courait dans les prés
comme si le monde nous appartenait.
Personne ne nous regardait —
et c’était parfait. 🌿
La mer n’était jamais loin.
On y allait à vélo,
les cheveux au vent,
la serviette autour du cou comme une cape de super-héros. 🚲
On lançait des galets plus loin que nos bras,
et les mouettes riaient de nous,
mais on s’en fichait,
on avait des mondes entiers dans les poches. 🌊
Les soirs, on ne voulait pas rentrer.
Pas tout de suite.
Alors on traînait près du port,
à écouter les grands parler fort
et les coques des bateaux qui grondaient doucement. ⚓
Puis venait la nuit,
pleine d’étoiles et de grillons.
On rêvait de trésors, de tempêtes,
et d’un monde où personne ne vieillit jamais. 🌌
🍯 Conclusion – L’enfant est encore là
Aujourd’hui, l’été passe plus vite.
Mais parfois, quand le vent souffle juste comme il faut,
quand une odeur de goémon chaud monte de la plage,
ou quand une cerise explose en bouche,
je l’entends rire,
l’enfant que j’étais.
Il ne m’a pas quitté.
Il marche encore, quelque part,
dans un chemin creux du Finistère,
les mains pleines de rien,
et le cœur large comme l’océan.
Et moi, je continue d’écrire,
juste pour lui dire :
Je ne t’ai pas oublié.
— Pascal Ar Men
Poète des souvenirs salés et des étés sans montre

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