🌊 Là où finit la terre - Un poème de Pascal Ar Men, poète du Finistère sud

 


🍃 Introduction – Au bord du monde, entre ciel et granit

Je vis dans un coin du monde où la mer n’est jamais loin.
Où le ciel change d’humeur vingt fois par jour.
Ici, à quelques pas de Quimper, entre les talus, les ajoncs et les embruns,
j’apprends à écouter le silence. À marcher sans but. À écrire sans chercher.

L’été ne crie pas. Il murmure. Il glisse sur les pierres chaudes, se suspend dans le vol des goélands, s’efface dans les criques oubliées.
C’est cet été-là que je vous partage. Celui du Finistère, de la lumière crue, du vent franc et de la mer pleine.


✍️ Poème — Là où finit la terre

Je suis né là où les falaises ne plient pas,
Où l’horizon ne promet rien mais donne tout.
Entre deux haies de ronces,
Entre deux marées. 🌿🌊

Je marche dans les pas des anciens,
Ceux qui parlaient peu mais regardaient loin.
Leurs mots, ils les semaient comme on sème du blé noir :
par temps sec, avec espoir. 🌾

Juillet ici sent la terre mouillée,
Le pain frais, les herbes salées.
Le soleil n’est pas roi,
Il est invité — quand le vent veut bien. 🌥️

Dans la lande, les ajoncs s’accrochent au vent,
Les fougères dansent comme si personne ne les regardait.
Les pierres sont chaudes sous les pas,
Et parfois, entre deux nuages,
une lumière tombe, droite et douce,
comme une bénédiction oubliée. ✨

Je connais un sentier qui descend vers l’anse,
Un endroit sans nom sur les cartes.
On y entend le souffle du monde,
Et les cris lointains des oiseaux de mer
qui ne savent pas qu’ils sont seuls. 🐚

Le soir, les phares s’allument comme des veilleurs d’âme.
Le vent pousse les souvenirs vers la mer.
On se tait, on écoute.
Même les mouettes semblent respecter ce moment. 🌒

Ici, même les silences racontent.
Les chapelles en ruine savent encore prier.
Et dans le granit, on entend battre le cœur
des siècles passés — et à venir. ⛪

Je vis là.
Pas pour fuir, mais pour rester.
Pour vivre lentement,
avec le vent dans le dos et le sel sur la peau. 🌬️

Je n’ai pas de grand secret.
Je vis au bout d’un sentier.
Je regarde la mer comme on regarde quelqu’un qu’on aime encore.
Et j’écris.
Parce que ça fait moins mal
de mettre en mots ce qu’on ne peut retenir. 💙


🌺 Conclusion – Écrire au bord du monde

Ce poème n’est qu’un souffle.
Un peu de vent d’Iroise posé sur une page.

Si un jour tu viens dans le Finistère,
ne cherche pas les beaux endroits.
Marche. Respire. Oublie ton téléphone.
Et écoute.

Car ici, là où finit la terre,
le silence parle breton.
Et chaque pierre a une histoire à te confier,
si tu prends le temps d’attendre qu’elle te la murmure.

Merci d’avoir marché un peu avec moi.
Pascal Ar Men

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