🌙 « Quand la nuit descend sur le port » Un poème de Pascal Ar Men – Chuchotements de la mer sous les étoiles
🌠 Introduction — Le monde devient vrai quand il se tait
Le jour agite. Il presse. Il bavarde.
Mais la nuit, elle, rassemble.
Elle dépose son manteau sur les choses,
et dans ce silence tissé d’ombres et de reflets,
je retrouve ma place, comme une pierre dans un muret.
Près de Douarnenez ou de Concarneau,
j’aime me promener quand tout s’éteint.
Le port n’est plus un lieu de passage.
C’est une présence tranquille,
où chaque clapotis devient un mot ancien.
✍️ Poème — Quand la nuit descend sur le port
Le port s’endort,
lentement,
comme un vieux marin
qui n’a plus besoin de raconter. ⚓
Les cordages grincent à peine,
comme des voix qu’on aurait oubliées.
Et les coques se balancent doucement,
murmurant des souvenirs salés. ⛵
Les lampadaires diffusent une lumière timide,
trop fatiguée pour percer le mystère.
Alors, tout se tait.
Et le silence devient liquide. 💡
Sur le quai, mes pas résonnent
comme un poème que personne n’écrit.
Je ne suis pas seul,
je suis avec la mer —
et elle me reconnaît. 🌊
Les goélands ne crient plus.
Ils dorment, le bec dans les plumes,
comme pour oublier le vent. 🕊️
Même les chats ont déserté les pierres.
Un vieux banc m’attend.
Je m’y assois sans raison,
simplement pour écouter l’eau penser.
La lune flotte au-dessus des mâts,
comme un phare sans feu,
et les étoiles décousent lentement
les toiles du ciel. 🌌
Le monde ici
n’a plus besoin de bruit,
ni d’histoire.
Il respire.
Et moi avec.
J’ai l’impression que si je parlais,
je dérangerais quelque chose de sacré.
Alors je me tais.
Et dans ce silence,
je me sens plus vivant qu’en plein midi. 🕯️
🌊 Conclusion — La nuit, ce n’est pas la fin
Quand je rentre chez moi,
les épaules pleines de sel
et le cœur vidé du tumulte,
je comprends que la nuit
n’est pas une absence.
C’est une vérité douce
qu’on oublie trop souvent de fréquenter.
Il faut savoir aimer ce qui ne brille pas.
Ce qui ne parle pas fort.
Ce qui nous relie au monde sans faire de bruit.
Et si j’écris,
c’est pour garder en moi ces ports endormis,
ces eaux calmes,
et ces silences où, parfois,
le monde nous chuchote qui nous sommes.
— Pascal Ar Men
Poète des ports tranquilles,
des nuits sans montre,
et des secrets partagés avec la mer

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