🌅 « Quand la lumière revient » Un poème de Pascal Ar Men – Poète de l’aube finistérienne
🌤️ Introduction — Le jour naît plus doucement ici
Ici, près de Quimper,
le jour ne jaillit pas.
Il arrive sur la pointe des pieds.
Il soulève lentement les paupières du monde,
et vient poser, sans bruit, sa lumière sur les pierres encore tièdes de la nuit.
C’est à ce moment-là que je sors.
Pas pour courir.
Pas pour fuir.
Mais pour voir, simplement,
le miracle ordinaire du retour du jour.
✍️ Poème — Quand la lumière revient
Il fait encore frais,
et le ciel dort à moitié.
Mais quelque chose bouge.
Un frisson dans l’air,
une promesse dans le silence. 🌫️
Le coq chante au loin.
Mais ce n’est pas lui que j’écoute.
C’est la lumière.
Elle revient.
Comme une vieille amie qu’on n’attendait plus. ☀️
Elle touche le toit en premier,
puis descend lentement,
comme une main douce sur une joue.
Elle réveille les ombres sans les brusquer. 🏡
Le vent est encore timide.
Les oiseaux hésitent.
Et moi, je marche.
Dans le sentier encore mouillé de nuit,
je deviens témoin du retour du monde. 🐦
Une feuille bouge.
Une toile scintille.
Une goutte glisse d’un pétale.
Et dans ces gestes minuscules,
je comprends que tout recommence. 💧
La lumière gagne,
minute après minute.
Elle étire les ombres,
réchauffe les pierres,
et donne à chaque chose sa forme. 🌞
Et moi, debout au milieu de ce lent théâtre,
je me sens plus vaste.
Plus ancré.
Plus vivant.
Parce que j’ai pris le temps
de regarder le monde revenir à lui-même.
🌿 Conclusion — Renaître un peu chaque matin
On croit souvent que les jours se répètent.
Mais ils ne font que recommencer — jamais pareil.
Chaque matin, ici en Finistère,
la lumière me réapprend à vivre.
Pas en courant.
Mais en regardant.
En respirant.
En étant là.
Et si j’écris,
c’est pour garder en moi ces aubes fragiles,
ces naissances sans cris,
où le monde,
tout doucement,
me dit :
« Tu peux recommencer. »
— Pascal Ar Men
Poète de l’aube bretonne, veilleur du premier souffle du jour

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