🍂 « Le souffle des feuilles » Un poème de Pascal Ar Men — Quand l’automne habille la lande

 


🌾 Introduction – La Bretagne quand elle se dénude

Il y a des saisons qui crient.
L’automne, lui, murmure.

Chez nous, en Finistère sud,
quand septembre finit de poser son sac,
la lumière devient plus tendre,
le vent plus grave,
et les chemins retrouvent leur solitude.

Je marche alors plus lentement,
parce que la lande parle bas,
et que la moindre feuille qui tombe
semble vouloir me confier quelque chose.


✍️ Poème — Le souffle des feuilles

Les feuilles tombent sans bruit,
comme des pensées qu’on relâche. 🍁
Elles tournoient,
légères, sages,
comme si elles avaient compris
qu’il faut parfois partir doucement.

L’automne ne s’impose pas ici.
Il glisse, il chuchote,
il enlace les pierres et les arbres
dans une étreinte de mousse tiède. 🌫️

Le vent souffle,
mais plus comme en été —
il ne gifle pas,
il questionne.
Il passe dans les haies,
il entrouvre les portes,
il joue dans les ruelles désertes. 🍃

La mer elle-même semble réfléchir.
Elle n’est pas endormie,
mais elle garde ses colères pour elle.
Elle respire plus lentement. 🌊

Je marche entre les châtaigniers,
mon vieux pull sur le dos,
et mes bottes craquant dans la boue tiède.
Je ne vais nulle part.
Mais je vais bien. 🍂

Parfois, un feu fume dans un jardin,
une soupe mijote derrière une fenêtre embuée,
et tout me dit :
Reste. Écoute. L’automne est un poème lent.

Les fougères rougissent,
les pommes tombent d’elles-mêmes,
et les nuages restent accrochés plus bas,
comme s’ils voulaient saluer la terre. 🌥️

Il n’y a pas d’événement.
Pas de fête.
Mais la beauté est partout,
dans le frémissement des branches,
dans la lumière oblique du soir,
dans les silences qui ne pèsent plus.


🕯️ Conclusion – Savoir ralentir

L’automne m’apprend à ralentir.
À marcher moins vite.
À parler moins fort.
À aimer plus doucement.

Il me rappelle que tout passe,
mais que tout laisse une trace.
Même une feuille tombée,
même un vent d’ouest oublié.

Alors j’écris,
non pas pour figer l’instant,
mais pour l’accompagner doucement
jusqu’à l’hiver.

Pascal Ar Men
Poète des saisons intérieures, veilleur de brume dans les collines du Finistère

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