🥾 « Le sentier des pas perdus » Un poème de Pascal Ar Men – Pour ceux qui marchent pour se retrouver

 


🌅 Introduction — Ces chemins qui nous réparent

Je connais un sentier.

Il longe les falaises de Plogoff, serpente entre les ajoncs d’Ouessant ou grimpe les hauteurs de Pen-Hir.
C’est un fil de terre au bord du vide,
un mince passage battu par les vents,
où l’on pose un pied après l’autre sans toujours savoir pourquoi.

J’y vais quand j’ai trop de bruit dans la tête.
Quand les murs rétrécissent et que même le silence fait mal.
Ce chemin ne me parle pas, il m’écoute.

Ici, tout est vrai :
le craquement des pierres,
l’odeur de varech,
la morsure salée du vent.
Il n’y a pas de spectacle.
Seulement la présence pure de ce qui tient debout depuis longtemps.


✍️ Poème — Le sentier des pas perdus

C’est un chemin fin,
un trait de sable ou de roc
posé entre la mer qui gronde
et les landes qui se taisent. 🌾

Il ne mène nulle part
sinon à soi.

Chaque pas y est un choix,
chaque virage une question
que le vent n’éclaircit pas. 💨

Je marche.
Sans but.
Mais pas sans raison.

Autour, la mer parle.
Pas fort.
Mais juste assez pour recouvrir mes pensées.

Les mouettes me regardent,
hautes, libres,
comme si elles savaient
que l’homme qui marche ici
cherche plus qu’un panorama.

Je longe les falaises
comme on suit le bord d’un souvenir.
Parfois net.
Parfois glissant.

Il y a des ronces,
des silences,
des fleurs trop courtes pour le vent. 🌸

Et soudain,
au détour d’un rocher,
le monde s’ouvre.

L’horizon s’étire,
l’île au loin semble flotter,
et moi,
paupières salées,
je me sens moins seul.

Ce chemin-là
ne m’a pas répondu.
Mais il m’a rendu
plus léger.


🌤️ Conclusion — Marcher, ce n’est pas fuir

On croit parfois que partir,
c’est s’éloigner.
Mais il faut parfois marcher
pour revenir à soi-même.

Le sentier ne m’a rien offert d’autre
que l’espace,
le souffle,
et le silence.

Et pourtant,
je suis revenu
avec le cœur réouvert,
comme une fenêtre après la pluie.

Alors si un jour tu ne sais plus par où commencer,
suis ce chemin.
Même sans carte.
Même sans but.
Car certains sentiers ne sont là que pour t’aider à te retrouver.

Pascal Ar Men
Poète des falaises bretonnes,
des marches intérieures,
et des horizons silencieux



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