☕ « L’art de ne rien faire » Un poème de Pascal Ar Men – Poète des jours simples et des heures lentes du Finistère
🕰️ Introduction — Et si l’essentiel était ailleurs ?
On me demande souvent :
« Tu fais quoi de tes journées là-bas, près de Quimper ? »
Et moi je réponds :
« J’écoute. Je regarde. Je marche. Je bois un café. »
On croit que ne rien faire, c’est perdre son temps.
Moi, je crois que c’est le retrouver.
Entre deux silences.
Entre deux mouettes.
Entre deux pages qu’on n’écrira peut-être jamais.
✍️ Poème — L’art de ne rien faire
Je ne fais rien.
Et pourtant, je vis.
Je m’assois sur un banc de pierre,
au bord d’un champ fatigué,
et j’écoute pousser l’ombre des pommiers. 🌳
Le vent passe.
Il ne me presse pas.
Il me contourne avec respect,
comme on contourne un vieux marin endormi. 🌬️
Je regarde un chat s’étirer sur le muret.
Il ne cherche rien.
Il est.
Et ça suffit. 🐾
Le café fume doucement dans ma main.
Je le bois sans urgence.
Chaque gorgée est une île,
chaude et inutile. ☕
Le clocher sonne quelque part,
mais je ne compte pas.
Les heures ici sont souples,
elles s’étirent comme la lumière sur les tuiles. 🕰️
Je ne fais rien.
Mais je vois le ciel changer.
Le goéland hésiter.
Le linge danser sur la corde.
Et le monde tourner
sans que je l’aide. 🧺
Un voisin passe.
Il me salue sans parler.
Il sait.
Nous sommes deux à ne rien faire.
Et pourtant, nous sommes là,
entiers. 👋
Les pensées viennent,
comme des nuages tranquilles.
Je ne les retiens pas.
Elles passent.
Et je reste. ☁️
🌿 Conclusion — Résister par la lenteur
On dit qu’il faut courir, produire, avancer.
Moi, j’écris pour ceux qui ralentissent,
qui regardent les fleurs fanées,
et qui savent que le silence n’est pas vide,
qu’il est plein de vie discrète.
Dans le Finistère, entre deux embruns,
je ne cherche plus rien.
Et c’est peut-être ça, finalement,
le vrai luxe.
— Pascal Ar Men
Poète des heures lentes, des cafés chauds et du ciel qui prend son temps

Commentaires
Enregistrer un commentaire