🍃 « Là où souffle l’invisible » Un poème de Pascal Ar Men – Hommage aux terres de vent et d’élan
🌪️ Introduction — Là-haut, le vent n’est pas un ennemi
Dans les hauteurs de mon Finistère,
au-dessus des falaises de Crozon, des crêtes de la Montagne Noire ou des landes de Plogoff,
il y a des lieux que les cartes indiquent à peine.
Mais qu’on reconnaît immédiatement,
car le vent y habite.
Ce n’est pas un vent violent,
ni méchant.
C’est un vent qui parle,
qui pousse à marcher,
à s’ouvrir,
à penser plus loin que soi.
C’est là que je vais quand j’ai besoin de silence en mouvement.
Quand j’ai besoin de sentir que tout bouge, sauf l’essentiel.
✍️ Poème — Là où souffle l’invisible
Il y a, en haut du chemin,
une lande sans fin,
froissée d’ajoncs,
peignée de bruyère. 💨
Là-haut, le ciel n’est jamais fermé.
Il se fend, il s’ouvre,
il respire comme un large poumon. 🌫️
Et moi, au milieu,
je deviens plus petit —
mais plus entier.
Le vent arrive sans prévenir.
Il se glisse sous les vêtements,
il siffle entre les pierres,
il fait danser les fougères
comme des robes trop grandes. 🍂
Il ne porte pas de message.
Ou peut-être si :
« Avance. Reste debout. Écoute. »
Je ferme les yeux,
et c’est comme si tout s’en allait —
le bruit du monde,
les visages en foule,
les échéances absurdes.
Ne reste que l’instant.
Brut.
Large.
Vrai.
Les oiseaux y volent de travers.
Mais ils volent. 🕊️
Et moi, je marche,
crissant sur le gravier mouillé,
le cœur battu par le vent
comme une voile oubliée.
Je pense à ceux qui marchaient ici avant moi.
Marins sans mer.
Pèlerins sans chapelle.
Juste des hommes debout
face à ce souffle qui vous regarde à l’intérieur.
Le vent ne juge pas.
Il soulève,
il pousse,
il dépouille.
Et il rend libre.
🌬️ Conclusion — Revenir le cœur lavé
Quand je redescends,
la tête pleine d’air,
je ne suis plus le même.
Rien n’a changé autour de moi.
Mais tout a repris sa juste taille.
La Bretagne m’a parlé, encore une fois,
non pas par la voix des hommes,
mais par celle du vent —
ce poète invisible
qui vous traverse sans demander pardon,
et qui vous rend plus vivant que mille paroles.
— Pascal Ar Men
Poète des hauteurs battues,
des silences vivants,
et du souffle essentiel

Commentaires
Enregistrer un commentaire