🌬️ « Après la tempête » Un poème de Pascal Ar Men – La voix de la mer revenue du tumulte
🌫️ Introduction – Le calme qui ne ment pas
Quand le vent se retire et que les vagues cessent de hurler,
il reste quelque chose.
Un silence trop dense pour être vide.
Une paix étrange, presque inquiète,
comme celle d’un marin revenu d’un naufrage.
En Finistère, la mer n’oublie pas.
Et moi, je marche sur ses grèves après ses colères,
comme on marcherait dans la mémoire d’un rêve agité.
✍️ Poème — Après la tempête
La mer s’est tue.
Mais elle n’est pas calmée.
Elle écoute. Elle observe.
Comme une bête fatiguée mais encore chaude. 🌊
Sur la plage, des bois tordus,
des filets déchirés,
des algues comme des lettres jetées là,
par une main trop pleine pour encore tenir. 🪵
Le sable est griffé,
la digue encore humide de cris.
Et les goélands tournent bas,
sans oser trop chanter. 🕊️
Moi, je marche,
les bottes pleines d’eau,
le cœur en équilibre.
Je ne suis pas triste.
Je suis à l’écoute.
Chaque caillou a bougé.
Chaque dune a parlé.
Chaque creux de vague a dit :
« Regarde, je suis vivante. »
La tempête n’est jamais un accident ici.
Elle fait partie du cycle.
Elle lave. Elle bouscule.
Elle remet le monde à l’endroit — ou à l’envers. 💨
Et quand elle part,
ce n’est pas la paix qui revient.
C’est une sorte de respect.
Un silence qui a vu quelque chose
que nous n’avons pas su comprendre. ⚓
Je regarde l’horizon.
Là-bas, les nuages s’effilochent,
comme des draps qu’on secoue après une nuit blanche. 🌥️
Et moi, je prends des notes.
Non pas pour raconter.
Mais pour ne pas oublier.
Car la mer, après la colère,
est encore plus vraie.
🌌 Conclusion – Leçon de sel et de ciel
La tempête m’a appris que tout tient à peu de choses :
un mât, un souffle, une prière.
Mais aussi qu’après le fracas,
vient souvent une clarté.
La Bretagne, après la tempête,
est plus belle encore.
Car elle ne cache rien.
Elle montre ses blessures,
ses forces,
et sa vérité nue.
Et moi, fils du Finistère,
je remercie le vent.
Parce qu’il parle.
Même quand il hurle.
— Pascal Ar Men
Poète du sel, du vent, et de l’âme retournée par les marées

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